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Contre le gaspillage, un collège adopte une méthode « originale »

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FIGARO DEMAIN – Plusieurs initiatives ont permis à l’établissement Max Jacob, classé en zone d’éducation prioritaire dans le Loiret, de diviser par trois la quantité d’aliments jetés par les élèves à la cantine.

En cette 6e journée dédiée à la lutte contre le gaspillage alimentaire, une solution simple et efficace a fait ses preuves. Il s’agit de la «table de troc» installée au collège Max Jacob basé à Saint-Jean-de-la-Ruelle, dans le Loiret. Cette initiative, couplée à d’autres, a en effet permis à l’établissement de diviser par trois le poids des déchets grâce à la sensibilisation des élèves au fléau du gaspillage alimentaire.

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Contre le gaspillage, un collège adopte une méthode

 

Un enjeu de taille car la restauration collective cumule une quantité de déchets alimentaires stratosphérique: 120 grammes d’aliments par repas servi dans les cantines terminent à la poubelle, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ainsi, un collège moyen de 365 jeunes totalise un gaspillage alimentaire de plus de 7 tonnes par an, soit l’équivalent de 20.000 repas. Ce sont ainsi près de 30.000 euros par an qui partent à la poubelle. Outre la dimension financière, ce vaste gâchis a un impact colossal sur l’environnement puisque cette nourriture non consommée a nécessité de l’énergie pour être cultivée, transportée, cuisinée puis retransformée après avoir été jetée.

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L’Ademe incite donc les restaurants collectifs à passer à l’action. Une recommandation entendue par le collège Max Jacob qui a «mis plusieurs initiatives en place pour lutter contre le gaspillage alimentaire. La table de troc fait partie de ces éléments», indique Cyrille Roger, principal de l’établissement classé en zone d’éducation prioritaire. Cette initiative laisse une deuxième chance à des aliments d’être consommés. Concrètement, un élève passe sur la ligne de self et se sert de fromage et dessert par exemple puis se rend compte à la fin du repas qu’il ne veut pas de son fromage. Il peut alors le déposer sur une table dédiée. Un autre élève qui aurait encore faim peut ainsi consommer le mets mis de côté. Sans cette table, l’aliment aurait terminé à la poubelle. De fait, dans une collectivité, tout ce qui sort de la chaîne du froid ne peut y retourner et donc doit être jeté.

Sensibiliser les élèves en amont

Autre règle: le collège limite à trois, le nombre de morceaux de pain qui peut être pris par les élèves. «S’ils souhaitent en consommer davantage, ils le peuvent à condition d’avoir mangé les autres morceaux», indique Cyrille Roger. Les responsables de la cantine ont également revu la composition des menus et portent un soin particulier à la présentation des plats. «La purée n’est pas servie grossièrement à la louche en grande quantité dans l’assiette mais elle est délicatement déposée, de manière à être appétissante», indique le principal de ce collège de 480 élèves.

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Ils ont également décidé de se faire livrer les produits en vrac et non plus en portion individuelle. Le fromage par exemple n’est plus servi dans de petits emballages mais il est proposé prédécoupé, en fonction des demandes des élèves. Par ailleurs, de concert avec le département, le collège avait également informé les élèves des conséquences du gaspi en comparant son coût pour le collège à celui d’objets de leur quotidien, comme des consoles de jeux ou des smartphones.

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«L’objectif est de sensibiliser les élèves qui deviennent ensuite des ambassadeurs anti-gaspi au sein de leur famille», souligne le principal avant d’ajouter: «Les élèves sont à l’écoute et nous voyons qu’ils ont à cœur d’améliorer les choses». Les chiffres parlent d’eux-mêmes: en deux ans le collège et parvenu à diviser par trois le poids des déchets alimentaires de la cantine. «Le sac en pesée d’aliments jetés représente entre 9 et 11 kilos, alors que précédemment nous étions sur une variable de 27 à 32 kilos, par repas sur 230 couverts en moyenne», précise le principal. Une quantité de déchets encore importante mais bien en deçà de la moyenne où une cantine jette 44 kilos par repas, selon l’Ademe.

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L’établissement a d’autres projets pour aller encore plus loin: permettre aux élèves de se servir eux-mêmes leurs entrées et prendre uniquement ce qu’ils mangeront via un buffet à entrées et non comme actuellement dans des petites assiettes préparées à l’avance. Le collège envisage aussi d’améliorer la qualité des plats avec des produits locaux et de saison. «Nous avons recensé les producteurs de la région pour nous tourner davantage vers eux». Des idées simples et concrètes qui pourraient inciter encore plus d’établissements à passer à l’action.

Source LE FIGARO

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